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Barrage de roquettes palestiniennes, frappes israéliennes: nouvel accès de fièvre à Gaza

La bande de Gaza est en proie lundi soir à une nouvelle poussée de fièvre avec un barrage de roquettes en direction d’Israël et des frappes aériennes israéliennes à travers l’enclave palestinienne.

Deux Palestiniens ont été tués et trois blessés dans le nord de l’enclave par les frappes israéliennes, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé. Au moins quatre personnes ont été blessées côté israélien, selon les secours.

Les journalistes de l’AFP dans la ville de Gaza et autour de l’enclave ont rapporté une succession nourrie de tirs de roquettes et les détonations de frappes israéliennes.

Ces hostilités surviennent après des mois de tensions faisant redouter une quatrième guerre en dix ans entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas qui gouverne sans partage l’enclave sous blocus, coincée entre l’Etat hébreu, l’Egypte et la Méditerranée.

Funérailles le 12 novembre 2018, à Khan Younès, de trois des 7 Palestiniens tués lors d'une opération nocturne des forces spéciales israéliennes dans la bande de Gaza

(credit photo AFP) Funérailles le 12 novembre 2018, à Khan Younès, de trois des 7 Palestiniens tués lors d’une opération nocturne des forces spéciales israéliennes dans la bande de Gaza

Elles interviennent au lendemain d’une opération des forces spéciales israéliennes qui a mal tourné et dans laquelle un officier israélien et sept Palestiniens ont été tués.

Au bout d’une journée de répit, les violences ont repris lundi en fin d’après-midi: un tir de la bande de Gaza atteint directement un bus israélien, blessant gravement une personne selon les secours, et l’armée israélienne frappe une position dans l’enclave palestinienne. La chronologie de ces deux évènements n’apparait pas clairement.

En peu de temps, un barrage de roquettes palestiniennes a été tiré en direction d’Israël. L’armée israélienne a indiqué avoir dénombré environ 80 tirs en provenance de Gaza, dont un certain nombre ont été interceptées selon elle par le système de défense anti-missiles.

Mise en garde d’al-Qassam

Trois personnes ont été blessées par le tir d’une roquette à Sderot, une ville du sud d’Israël proche de la bande de Gaza, et hospitalisées dans un état stable, a dit l’hôpital.

“Les avions de combat israéliens ont commencé à frapper des cibles terroristes à travers la bande de Gaza”, a annoncé l’armée israélienne.

Un bus en feu le 12 novembre 2018 en Israël, à proximité de la bande de Gaza, après avoir été touché par une roquette tirée de l'enclave palestinienne

(credit photo AFP) Un bus en feu le 12 novembre 2018 en Israël, à proximité de la bande de Gaza, après avoir été touché par une roquette tirée de l’enclave palestinienne

Dimanche soir, un lieutenant-colonel israélien et sept Palestiniens, dont un commandant local de la branche armée du Hamas, ont trouvé la mort dans une incursion de forces spéciales israéliennes à l’intérieur de la bande de Gaza.

Les brigades Ezzedine al-Qassam, le bras armé du Hamas, a indiqué lundi soir avoir lancé les roquettes en représailles aux évènements de dimanche.

“Les brigades al-Qassam répondent au crime d’hier”, ont-elles dit dans un communiqué s’exprimant selon elles au nom des différents groupes armés (dont le Jihad islamique, deuxième force islamiste à Gaza). Ces groupes de la “résistance annoncent avoir commencé à frapper des positions de l’ennemi à l’aide de dizaines de roquettes”, ont-elles ajouté.

Les brigades al-Qassam ont menacé d’intensifier leurs frappes en fonction de la riposte israélienne.

Le lieutenant-colonel tué dimanche est le deuxième soldat israélien tué depuis la montée des tensions entre Israël et la bande de Gaza fin mars.

Au moins 230 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date.

La confrontation de dimanche a provoqué le retour prématuré de Paris du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Course poursuite

M. Netanyahu a réuni lundi le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et les responsables de la sécurité.

L’origine des violences paraît résider dans une incursion de soldats ayant mal tourné.

L’armée israélienne a parlé d’une opération de renseignement et démenti qu’il s’agissait d’assassiner ou de capturer des Palestiniens, comme l’a dit le Hamas.

Des tirs du système de défense anti-missiles israélien interceptant des roquettes tirées de la bande de Gaza le 12 novembre 2018

(credit photo AFP) Des tirs du système de défense anti-missiles israélien interceptant des roquettes tirées de la bande de Gaza le 12 novembre 2018

Mais selon les brigades Ezzedine al-Qassam, des soldats israéliens progressaient incognito en territoire gazaoui à bord d’un véhicule civil, vraisemblablement palestinien, quand ils ont été arrêtés par une patrouille à l’est de Khan Younès.

Toute infiltration israélienne dans le territoire soumis à un rigoureux blocus représente une mission à très hauts risques.

Des échanges de feu ont éclaté lorsque la couverture des soldats a été percée à jour, selon les brigades al-Qassam. Le véhicule a pris la fuite, couvert par des tirs de l’aviation israélienne et achevant la course poursuite devant la barrière frontalière où un hélicoptère a évacué les forces spéciales, ont-elles dit.

Un porte-parole de l’armée s’est abstenu de commenter ces informations.

La guerre, si nécessaire

Parmi les sept Palestiniens tués figurent un responsable local des brigades al-Qassam, identifié comme Nour Baraka, et cinq autres membres des forces armées du Hamas, ont indiqué des sources de sécurité.

Des Israéliens dans la ville de Sderot se mettent à l'abri de tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza le 12 novembre 2018

(credit photo AFP) Des Israéliens dans la ville de Sderot se mettent à l’abri de tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza le 12 novembre 2018

Le septième mort a été identifié comme appartenant aux Comités de résistance populaire, alliance de groupes armés.

Dix-sept roquettes avaient ensuite été tirées vers Israël, a indiqué l’armée. Aucune victime n’a été rapportée.

Les signes d’une possible détente se sont pourtant succédé ces dernières semaines dans et autour de Gaza.

Les autorités israéliennes, qui contrôlent tous les accès de l’enclave sauf la frontière égyptienne, ont autorisé la semaine passée le Qatar, soutien de longue date du Hamas, à acheminer dans le territoire 15 millions de dollars afin de payer au moins partiellement les fonctionnaires du Hamas.

L’opération va de pair avec les efforts déployés depuis des mois par l’Egypte et l’ONU en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

Le Premier ministre israélien a déclaré qu’il ne “reculerait pas devant une guerre” si elle était nécessaire, mais chercherait à l’éviter “si elle n’était pas indispensable”.

sa-cmr-jjm-lal/feb

Publié le lundi 12 novembre 2018 à 18:11, modifications lundi 12 novembre 2018 à 18:12

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