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Attentats de Paris : La Belgique a tardé à transmettre la radicalisation de Salah Abdeslam

Les services de renseignements belges avaient connaissance de la radicalisation de Salah Abdeslam, mais ils ont transmis l’information trop tardivement aux autorités françaises

Il semblerait qu’un ajournement dans la transmission d’informations entre les services de renseignements belges et les autorités françaises a rendu la tâche plus aisée à Salah Abdeslam pour fuir vers la Belgique après les attentats parisiens du 13 novembre.

Cette information a été révélée dimanche 3 juillet par le rapporteur de la commission parlementaire française qui a été mise en place dans le cadre des attentats de Paris et Saint-Denis.

Le document démontre que la Belgique connaissait la radicalisation de Salah Abdeslam. Pourtant, les autorités auraient tardé à ajouter cette mention dans la base de données européenne du Système d’information Schengen (SIS II).

Grâce à cette défaillance, lorsque Salah Abdeslam a cherché à regagner la Belgique, quelques heures seulement après les attentats sanglants, il n’a pas été inquiété par les gendarmes qui l’avait pourtant contrôlé en compagnie de deux autres personnes aux alentours de 9h du matin à Cambrai.

En effet, quand il avait présenté ses papiers à son nom, les forces de police l’avaient retenu mais uniquement en raison de son inscription au fichier SIS II pour des faits de droits communs. Dans ces conditions, la voiture et les trois passagers avaient été autorisés à repartir une demi-heure après le contrôle.

Mais alors que Salah Abdeslam était connu des services belges comme appartenant à la mouvance jihadiste, pour quelle raison cette information ne figurait pas dans le fichier…

S’interroge le rapporte de la commission d’enquête.

En effet, s’il y avait été mentionné, les gendarmes l’auraient interpellé immédiatement au moment du contrôle. Hélas, ce n’est qu’une heure après l’avoir laissé repartir que les policiers français ont appris des autorités belges que Salah Abdeslam faisait partie de la nébuleuse djihadiste.

Finalement, il a été arrêté en Belgique, le 18 mars dernier, après plus de 4 mois de fuite. Transféré à la prison de Fleury-Mérogis (dans l’Essonne) depuis le 27 avril, il est détenu sous haute surveillance dans un quartier d’isolement.

Beaucoup ont déploré le manque de coordination des pays européens en matière de terrorisme. Pourtant, des avancées sont à noter depuis que les députés européens ont adopté le PNR (le registre européen des données des passagers aériens) et qui sera mis en place d’ici la fin de l’année.

De plus, une commission d’enquête a été constituée sous l’impulsion des Républicains et statuera le 5 juillet sur les moyens mis en place par l’État pour lutter contre le terrorisme et les éventuelles failles.

Publié le mardi 5 juillet 2016 à 9:41, modifications mardi 5 juillet 2016 à 8:26

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