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Attentats de janvier 2015 : Paris rend hommage aux victimes

Une commémoration dans la sobriété

Quelques centaines de personnes se sont réunies à Paris pour une sobre commémoration des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

Deux ans après les attentats de janvier 2015, contre le journal satyrique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher de Vincennes, un hommage discret a été rendu à Paris ce samedi 7 janvier.

Les cérémonies, conduites par la maire de Paris, Anne Hidalgo, en présence du ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, se sont déroulées tour à tour sur les différents lieux des attentats avec le même rituel : dépôt de gerbe et minute de silence. Avec à chaque fois, sans prise de parole.

Trois membres de la rédaction de Charlie Hebdo, Marika Bret, Eric Portheault et Riss, ont d’abord déposé une gerbe devant la plaque à la mémoire des onze victimes de l’attentat dans les locaux du journal satirique le 7 janvier 2015, rue Nicolas-Appert dans le 11e arrondissement.

La même cérémonie s’est répétée quelques mètres plus loin, là où est tombé le policier Ahmed Merabet, assassiné sur le boulevard Richard-Lenoir par les frères Kouachi alors qu’il tentait de stopper les djihadistes dans leur fuite.

Le cortège s’est ensuite rendu porte de Vincennes, au supermarché juif Hyper Cacher.

Ce dernier avait été la cible le 9 janvier d’une attaque perpétrée par un autre djihadiste, Amedy Coulibaly. Celui-ci y avait assassiné trois clients et un employé.

Une policière avait également été abattue par ce même terroriste, le 8 janvier à Montrouge, au sud de Paris.

«Je suis toujours Charlie»

Le site 20 Minutes a également relaté que dans la soirée de samedi, quelques centaines de personnes se sont rassemblées sur la place de la République à Paris pour rendre hommage aux 17 victimes.

Une « toile participative » a également été déroulée au pied de la statue, faite de mains colorées où des dizaines de personnes ont inscrit un message.

Certains ont toutefois regretté que le rassemblement ait été annoncé tardivement, vendredi 6 janvier, à l’appel de l’Association française des victimes du terrorisme (AfVT), soutenue par plusieurs organisations dont SOS Racisme, la Licra et l’UEJF.

On s’aperçoit qu’après chaque attentat le temps de cohésion nationale est de plus en plus court

S’est désolé Guillaume Denoix de Saint-Marc, le directeur général de l’AfVT, un panneau « Je suis toujours Charlie » à la main.

Il a également regretté dans le quotidien

Une banalisation des attentats contre laquelle il faut lutter.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme :

Il faut un travail de vigilance de long terme. Notamment par rapport à ceux qui veulent exploiter des failles dans la société française pour diviser, ce que font d’ailleurs les jihadistes.

Justement, deux ans après l’attentat à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, Lassana Bathily est revenu sur sa vie d’après janvier 2015 pour le site France Info. Une vie qui ne sera jamais plus comme avant pour ce Franco-Malien de 26 ans.

Je ne serai jamais comme le Lassana d’avant 

Il explique qu’en deux ans, sa vie a basculé :

Je ne serai jamais comme le Lassana d’avant.

L’employé du supermarché qui avait aidé six personnes à se cacher pendant la tuerie du 9 janvier 2015, a ainsi expliqué qu’il lui était difficile de mener une vie normale.

En effet, débarqué en France à 16 ans, il avait été naturalisé par le président de la République pour le récompenser de son courage lors de la tuerie de l’Hyper Cacher. Son histoire avait rapidement fait le tour des médias et avait mis le jeune homme au cœur de l’actualité.

Pourtant, Lassana Bathily, qui répète à longueur d’interviews « ne pas être un héros », est devenu plus méfiant et a avoué avoir restreint ses déplacements.

Aujourd’hui, Lassana Bathily travaille à la mairie de Paris comme technicien dans l’évènementiel sportif.

Le message d’espoir de Lassana Bathily

A France Info, il a raconté qu’il lui arrivait de répondre à certaines invitations extérieures :

Je suis parti cinq fois aux Etats-Unis à l’invitation des policiers mais aussi des communautés juives et musulmanes. Je suis allé en Allemagne […] J’ai fait la Tunisie pour les commémorations de l’attentat du Bardo. Et il y a six mois, j’étais en Italie. […] C’était très impressionnant, les jeunes avaient appris la Marseillaise juste pour moi.

Mais Lassana Bathily a souhaité porter un message à la jeunesse et qui fait écho à son parcours de migrant :

Il faut qu’ils soient des combattants. […] Les jeunes d’ici, ils ont beaucoup d’avantages par rapport à ceux qui viennent d’ailleurs. Ils ont fait des études, ils ont presque tout. Il faut les motiver, et leur dire que ça ne vient jamais tout seul.

Le jeune homme, musulman, qui s’exprime rarement sur la religion a tout de même reconnu :

Les musulmans, on est mal vu avec ces problèmes d’attentats. Mais mon cas a montré le contraire. Les autres personnes ont tué des gens pour la religion, moi j’en ai sauvé.

Ainsi, Lassana Bathily ne cède pas au pessimisme. Même après les attentats qui ont suivi ceux de janvier 2015 en France :

Il y a toujours du monde qui sort, on continue à vivre. On va s’en sortir…

Article publié le dimanche 8 janvier 2017 à 10:56, modifications dimanche 8 janvier 2017 à 10:56

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