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Attentats du 13 novembre : La France demande à la Turquie l’extradition de Ahmed Dahmani, logisticien présumé des attentats

La France a demandé l’extradition de Ahmed Dahmani, incarcéré en Turquie. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle majeur dans la préparation des attentats de Paris.

Selon l’AFP, les juges français chargés de l’enquête des attentats du 13 novembre 2015 ont demandé l’extradition vers la France de Ahmed Dahmani ce mardi 7 novembre. Les magistrats français, qui enquêtent sur le réseau responsable des attaques de Paris et Saint-Denis, ont émis le 23 mai un mandat d’arrêt international à l’encontre du Belgo-Marocain de 28 ans. En effet, ce proche de Salah Abdeslam, incarcéré en Turquie, est soupçonné d’être un logisticien de la cellule djihadiste.

Proche de Salah Abdeslam

Ahmed Dahmani a un impressionnant parcours de délinquant. Vols, trafic, violences, port d’armes, exhibitionnisme… D’après Le Parisien, son nom apparaît dans plus de 51 affaires différentes en Belgique. En outre, comme le rappelle le site 20 minutes, Ahmed Dahmani est un petit délinquant radicalisé originaire de Molenbeek. Une commune de l’agglomération bruxelloise. C’est là-bas qu’il a côtoyé assidûment les principaux protagonistes de l’enquête. Notamment Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos parisiens. Mais également Mohamed Abrini, « l’homme au chapeau » des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016.

Avec le premier, il joue au casino et effectue de nombreux déplacements à travers l’Europe. En effet, trois mois avant les attentats, le 4 août 2015, les deux hommes sont contrôlés ensemble. A l’époque, ils s’apprêtaient à embarquer sur un ferry pour l’Italie. C’est justement en raison de cette proximité, confirmée par des centaines de contacts téléphoniques, que les enquêteurs se sont intéressés au jeune homme après les attentats de Paris. Toutefois, Ahmed Dahmani, qui devait être placé sous surveillance électronique dans un dossier de droit commun le 16 novembre, s’est envolé depuis Amsterdam pour la Turquie dès le 14 novembre.

Condamné à 10 ans de prison en Turquie

Pourtant, une semaine après son arrivée sur le sol turc, le Belgo-Marocain a été arrêté avec un faux passeport à Antalya. Il était parmi deux passeurs qui tentaient de l’exfiltrer vers la Syrie. Selon une source proche du dossier et relayé par 20 minutes, les deux mêmes passeurs étaient en contact avec Bilal Hadfi. L’un des kamikazes du Stade de France entré en Europe dans le flux des migrants, ainsi qu’avec deux autres suspects poursuivis dans le dossier. En Turquie, la justice l’a condamné à 10 ans et neuf mois de prison pour appartenance à une organisation terroriste et usage de faux.

Depuis le début de l’enquête, les inspecteurs ont établi que Salah Abdeslam a convoyé une dizaine de membres de la cellule djihadiste. Tous sont entrés en Europe depuis la Grèce. Les enquêteurs cherchent à présent à déterminer si Ahmed Dahmani était présent lors de ces trajets. Autre élément incriminant : un papier retrouvé à son domicile. Sur celui-ci étaient inscrits l’adresse et les horaires d’un magasin français. Celui même où Salah Abdeslam a acheté des produits entrant dans la confection d’explosifs TATP en 2015. Lors de la même perquisition, la police avait également trouvé un drapeau islamique et des documents de propagande salafiste.

Enfin, autre preuve à charge, devant les enquêteurs belges, Mohamed Abrini a décrit Ahmed Dahmani comme un ami d’enfance. Ce dernier l’aurait déposé à l’aéroport en juin 2015, lorsque « l’homme au chapeau » s’est rendu en Syrie. Toujours, selon Mohamed Abrini, le soir du 13 Novembre, ils étaient ensemble dans un café à regarder un match de foot. A ce jour, une quinzaine de suspects sont mis en examen ou visés par un mandat d’arrêt des autorités françaises dans cette enquête tentaculaire.

Publié le mercredi 8 novembre 2017 à 12:05, modifications mercredi 8 novembre 2017 à 11:43

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