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Attentat du Drugstore de Paris : 43 ans plus tard s’ouvre le procès de Carlos

Le procès du terroriste Carlos va s’ouvrir lundi, devant la cour d’assises spéciale de Paris. L’homme est poursuivi pour l’attentat du Drugstore, en 1974.

43 ans après l’attentat du Drugstore Publicis à Paris, le Vénézuélien Illich Ramirez Sanchez, dit Carlos, aujourd’hui âgé de 67 ans, va comparaître à partir de lundi 13 mars. Le procès durera jusqu’au 31 mars devant une cour d’assises spéciale.

Cet acte fut l’un des premiers de ce type commis en France depuis la guerre d’Algérie.

En effet, alors que la France est confrontée depuis janvier 2015 à une série de terribles attentats islamistes, la justice s’apprête à remonter le temps vers deux décennies tout aussi sanglantes.

Celles des années 1970 et 1980 où l’Europe a été visée par des attaques anti-impérialistes menées au nom de la défense de la cause palestinienne.

Ainsi, le 15 septembre 1974, deux hommes de 27 et 49 ans avaient été tuées et 34 blessés, dont plusieurs enfants, dans l’explosion d’une grenade. Celle-ci avait été lancée dans l’enceinte de l’ancien Drugstore Publicis, à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes.

Le même jour, une voix avec un fort accent avait revendiqué l’attentat auprès des agences de presse. Elle l’avait en lié à une prise d’otages en cours à l’ambassade de France de La Haye aux Pays-Bas. Les preneurs d’otage étant des membres de l’armée rouge japonaise, qui demandaient la libération d’un des leurs, arrêté à Paris. L’attentat aurait eu pour but de faire pression sur les autorités. Les terroristes japonais avaient d’ailleurs obtenu gain de cause.

« Enfin un procès !»

Ainsi, le terroriste va devoir répondre devant les assises spéciales des crimes d’assassinat. Dans son ordonnance de mise en accusation, la juge d’instruction avait estimé qu’il s’agissait d’actes terroristes.

Carlos avait déjà été condamné à une peine de réclusion criminelle à perpétuité en 1997. Il avait été jugé pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers, à Paris en 1975, lors d’une prise d’otage à l’ambassade de France à La Haye.

En décembre 2011, il avait écopé de la même peine pour avoir organisé quatre attentats à l’explosif sur le sol français. Ils avaient fait onze morts et près de 150 blessés.

Enfin un procès ! Les victimes attendent depuis si longtemps que Carlos soit déclaré coupable et condamné, leurs plaies ne se sont jamais refermées.

A déclaré Me Georges Holleaux, le représentant de 18 des 30 parties civiles du procès. Dont certaines sont les veuves des deux hommes tués dans l’attentat.

Enfin, l’accusation va également se baser sur les témoignages d’anciens compagnons de route de Carlos. Il s’agit notamment de l’ancien révolutionnaire allemand Hans-Joachim Klein. Le Vénézuélien lui aurait confié vouloir « faire plier le gouvernement français ».

De plus, dans une interview parue fin 1979 dans le magazine Al-Watan Al-Arabi, Carlos avait reconnu avoir jeté la grenade.

Les enquêteurs ont aussi reconstitué le circuit de la grenade utilisée pour l’attentat. Elle provenait d’un lot, volé en 1972 dans un camp militaire américain. La même que celles utilisées par les preneurs d’otages de La Haye ou celle découverte à Paris chez la maîtresse de Carlos.

Publié le dimanche 12 mars 2017 à 10:21, modifications dimanche 12 mars 2017 à 10:21

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