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Attentat à Liège : La femme de ménage prise en otage témoigne

Alors prise en otage par le terroriste Benjamin Herman, Darifa Imaankaf, une employée d’un groupe scolaire, s’est confiée sur son calvaire. Malgré la peur, elle entame un dialogue avec l’assaillant alors que la police encercle le bâtiment.

Mardi 29 mai à Liège, en Belgique, Benjamin Herman, 36 ans, commet un attentat. En plus de l’assaillant, deux policières et le passager d’une voiture de 22 ans qui circulait dans le quartier ont été tués. Avant sa mort, l’assaillant avait brièvement pris en otage une employée d’un groupe scolaire. Si aucun enfant n’a été blessé, Darifa Imaankaf a raconté ce qu’elle a vécu à La Dernière Heure. Encore profondément choquée, la femme de ménage a tenté de dissuader le terroriste de s’attaquer aux enfants.

Tu es musulmane ?

Lorsque je me suis retournée, tous mes collègues avaient disparu et je l’ai vu devant moi. Il était habillé en noir et tenait ses deux armes en l’air ! Il m’a regardée dans les yeux

raconte premièrement la femme de ménage.

Darifa explique ensuite avoir eu une discussion avec Benjamin Herman. Ce dernier lui aurait alors demandé si elle était musulmane.

Quand je l’ai regardé, il m’a dit : “Je vais te poser deux questions. Tu es musulmane ? Tu fais le ramadan ? ” J’ai dit oui. “Alors je vais rien te faire, mais il faut que tu m’écoutes, que tu fasses ce que je te dis et tout ira bien pour toi”

La femme de ménage tente alors de dissuader le terroriste de s’attaquer aux enfants.

Mais qu’est ce que tu fais dans une école ? C’est une école, des enfants ! Ce n’est pas ta place ici.

Lui dit-elle.

Il m’a regardée et a alors tiré en direction d’une des portes fermées donnant accès à l’école. Là, j’ai hurlé et pleuré.

Benjamin Herman

“Elle a été très courageuse”

En pleurs, le terroriste aurait demandé à l’otage de ne pas pleurer pour les écoliers, “mais bien pour tes frères syriens”. Le dialogue invraisemblable entre l’assaillant et l’employée touche à sa fin lorsque l’assaillant décide de quitter les lieux.

Après, il m’a dit d’ouvrir la porte et de dire à la police de partir

a-t-elle expliqué.

J’ai encore ouvert la porte et il a jeté sa carte d’identité. Et la dernière fois, il est sorti. Moi, je suis partie. Et puis il y a eu les fusils et ils l’on tué.

Le ministre de l’Intérieur belge Jan Jambon a tenu à rendre hommage à Darifa.

J’ai été impressionné par la conversation qu’elle a menée avec le terroriste (…) et, peut-être, a-t-elle évité plus de victimes dans l’école

A-t-il fait valoir, ce mercredi 30 mai au micro de Bel-RTL.

Publié le vendredi 1 juin 2018 à 15:27, modifications vendredi 1 juin 2018 à 12:24

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