Actualité

Attentat à Charlie Hebdo : François Hollande a inauguré la nouvelle imprimerie de Dammartin-en-Goële

L’imprimerie avait été détruite par l’assaut du GIGN contre les frères Kouachi, qui s’y étaient retranchés deux jours après la tuerie de Charlie Hebdo.

Après dix-huit mois de travaux, l’imprimerie de Dammartin-en-Goële (en Seine-et-Marne) rouvre ses portes. Michel Catalano a gagné son pari. Son imprimerie qui avait été détruite le 9 janvier 2015, lors de l’assaut des forces spéciales contre les frères Kouachi, a rouvert fin août.

Les frères Kouachi s’étaient retranchés dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Paris, alors qu’ils étaient traqués après la tuerie jihadiste à la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. L’intervention du GIGN et les échanges avec les terroristes avaient laissé les locaux dévastés.

Ce jeudi 29 septembre, François Hollande a inauguré les nouveaux locaux, et remis à Michel Catalano, qui avait été retenu comme otage pendant une heure et demie, les insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Lilian Repère a lui aussi été honoré. Ce dernier, âgé de 26 ans au moment des faits, s’était caché plus de huit heures sous l’évier de l’espace de restauration de l’imprimerie. Il avait communiqué par SMS avec l’unité d’élite de la gendarmerie sans être jamais découvert, pendant que les deux assassins de la rédaction de Charlie Hebdo n’étaient qu’à quelques mètres. Ses informations avaient facilité l’assaut final.

Avant de leur remettre la Légion d’honneur, le chef de l’Etat a salué le courage des deux hommes comme « un acte d’espérance et de volonté » face à la « barbarie », mais aussi comme un symbole de la France dans ce qu’elle a de meilleur.

Je ne doute pas que beaucoup de Français et de personnes venues du monde entier voudront savoir: ‘c’est où Dammartin? C’est où le fameux groupe Catalano ?’ C’est là où il y a des valeurs, là où il y a des principes, des idéaux, de l’espoir, c’est là où s’est produit un drame, mais aussi une renaissance et donc une espérance.

Très ému, l’imprimeur a prononcé un discours :

M. le Président, j’aurais préféré que vous ne soyez jamais venu à Dammartin ! (…) Le hasard et la folie de deux hommes ont fait que, le 9 janvier 2015, je suis passé de l’anonymat à la une des journaux, du statut de chef d’entreprise à celui de victime du terrorisme

En ajoutant :

La barbarie ne me fera pas baisser la tête”.

Avant cela Michel Catalano avait confié à 20 minutes :

Il y a des endroits dans l’imprimerie dans lesquels je me sens encore un peu étouffé parce qu’ils n’ont pas trop changé. Il était important pour moi de donner un autre aspect à l’entreprise. Je voulais que tous se sentent bien à l’imprimerie, comme à la maison, j’ai donc ajouté un terrain de boules, un flipper.

Le chef d’entreprise a avoué avoir beaucoup hésité à rebâtir sur le même site. Mais à travers ces travaux, Michel Catalano tente lui aussi de se reconstruire :

Je n’ai pas encore évacué tout ça. Ça va être long. Mais j’ai compris qu’on peut vivre avec ça. C’est pour ça d’ailleurs que j’ai décidé de reconstruire mon bâtiment. Parce que, justement, j’ai envie de vivre.

Publié le vendredi 30 septembre 2016 à 8:28, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !