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Attaque au couteau à Trappes : Malgré les revendications de Daech, la police privilégie le différend familial

À Trappes, l’assaillant était, certes, fiché S, mais il s’est attaqué à sa propre famille et présentait des troubles psychiatriques. Les enquêteurs s’orientent donc pour la piste d’un différend familial.

Kamel Salhi, un homme de 36 ans a attaqué et tué sa mère et sa sœur à coups de couteau, jeudi 23 août à Trappes dans les Yvelines. Il a également blessé grièvement un passant. Entre la vie et la mort, il a été héliporté pour être hospitalisé. L’assaillant a, lui, été mortellement blessé par les forces de l’ordre. L’auteur, connu des services de police pour apologie du terrorisme en 2016 et fiché S, aurait crié « Allah Akbar » en entrant dans un pavillon au numéro neuf de la rue Camille Claudel, le domicile de sa mère.

Revendication de l’État islamique

Ainsi, au lendemain de l’appel à poursuivre le « djihad » par le chef de l’Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi, le groupe terroriste a rapidement revendique, jeudi 23 août, cette attaque.

L’auteur de l’attaque dans la ville de Trappes est l’un des combattants du groupe État islamique. Et a perpétré cette attaque à la faveur des appels à cibler des ressortissants des pays de la coalition internationale anti-EI.

A indiqué l’agence de propagande du groupe Amaq.

Or, de nombreux éléments font douter les enquêteurs et les autorités d’un lien direct entre Kamel Salhi et Daech. En effet, cette revendication a été remise en cause par Gérard Collomb.

Le tueur avait un problème psychiatrique qui apparaît important. Et s’il était fiché pour avoir fait l’apologie du terrorisme, il présentait davantage le profil d’un déséquilibré que de quelqu’un d’engagé pouvant répondre aux ordres et consignes  d’une organisation terroriste, et de Daech.

A expliqué le ministre.

Si l’Etat islamique a longtemps eu la réputation de ne revendiquer que des attentats qu’il avait organisés ou inspirés, sa fiabilité a été mise en doute à de nombreuses reprises après plusieurs revendications douteuses. Ainsi, le parquet de Paris a ouvert une enquête mais le parquet antiterroriste ne s’est pas, pour l’instant, saisi du dossier. Des perquisitions doivent encore être menées pour savoir, notamment, si le meurtrier a pu être en lien avec un quelconque réseau terroriste.

Différends familiaux et antécédents psychiatriques

À ce stade de l’enquête, la piste du drame familial est privilégiée puisque les victimes sont des membres de la famille de l’assaillant. Les personnes tuées dans cette attaque sont en effet sa mère et sa sœur. Selon plusieurs riverains, Kamel Salhi était séparé de sa femme et n’avait pas vu ses enfants depuis longtemps. En outre, selon RTL, l’assaillant avait déposé une plainte contre ses deux sœurs pour abus de faiblesse. L’objet de leur désaccord : un héritage contesté par le tueur. Une plainte qui avait toutefois été classée sans suite.

Enfin, Kamel Salhi avait des antécédents psychiatriques et avait déjà été interné. En outre, il avait été licencié par la RATP il y a deux ans. En effet, il avait tenu des propos religieux incohérents au volant d’un bus. C’est suite à cet incident qu’il avait été inscrit au fichier des personnes radicalisées. De manière automatique, il faisait donc l’objet d’une fiche S depuis l’été dernier. Mais, sans qu’aucun signe particulier de dangerosité n’ait été détecté.

Publié le vendredi 24 août 2018 à 10:48, modifications vendredi 24 août 2018 à 11:27

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