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Athlétisme: au Décastar Mayer est attendu au rebond

Un mois après son échec retentissant aux championnats d’Europe de Berlin, abandonnés après un zéro au saut en longueur, le décathlonien Kévin Mayer s’offre une séance de rattrapage au Décastar de Talence (Gironde) samedi et dimanche, avec le record du monde dans un coin de la tête.

Ultra-favori des “Europe”, Mayer avait quitté Berlin le 7 août triste et frustré selon ses mots, après avoir mordu ses trois essais au saut en longueur, la deuxième des dix épreuves du décathlon. Il revient pour le Décastar, meeting d’épreuves combinées, “plus avec plaisir qu’avec une envie de revanche”, explique-t-il à l’AFP.

“La frustration de ne pas avoir pu m’exprimer à Berlin reste grande et là je sens que j’en ai dans les jambes (…) je pensais que la pression ne monterait pas, mais finalement elle monte bien depuis le début de la semaine. Je me connais, c’est très bon signe”.

Vice-champion olympique en 2016 à Rio, champion du monde en 2017 à Londres, champion du monde d’heptathlon en salle cette année, 6e meilleur décathlonien de tous les temps (8834 points), le surdoué des épreuves combinées ne se fixe aucune limite.

Le record du monde de l’Américain Ashton Eaton (9045 points en 2015)? “Oui j’y pense. Je le répète depuis deux ans, j’ai le potentiel pour battre le record du monde. J’améliore régulièrement mes meilleures performances (dans les différentes disciplines du décathlon), donc j’en ai de plus en plus le potentiel. Le problème, c’est qu’il faut enchaîner les dix épreuves, et rien ne se passe jamais comme prévu sur un décathlon”.

“Public génial”

Véritable “fête” de fin de saison des épreuves combinées, le Décastar, dont c’est la 42e édition, ne présente pas d’enjeu sportif majeur. Pour se transcender, le grand blond (1,86 m) devra plutôt compter sur le “public génial” de Talence, qui se déplace librement dans ce petit stade pour crier ses encouragements au plus près des champions.

Tout a été pensé pour ne pas gêner les dix travaux de “Kéké la braise”, comme le surnomment ses amis. Alors que plusieurs athlètes de l’équipe de France participeront à une épreuve pour le plaisir du public (notamment les champions d’Europe Pascal Martinot-Lagarde sur 110 m haies, Morhad Amdouni et Mahiedine Mekhissi sur 1500 m), les meilleurs “combinards”, dont Mayer, ne courront pas dans les séries des “Bleus”, pour ne pas bénéficier de leur aide et s’assurer de l’homologation d’un éventuel record.

Une telle performance à Talence ne serait pas inédite: l’Américain Dan O’Brien, frustré d’avoir manqué les Jeux olympiques de Barcelone, s’était rattrapé lors du Décastar en s’emparant du record du monde le 5 septembre 1992 (8891 points).

Ne pas mordre en longueur

Le décathlonien allemand Arthur Abele (c) pose lors de la cérémonie des médailles avec le Russe Ilya Shkurenyov et le Bélarus Vitali Zhuk (d) à l'Euro, le 10 août 2018 à Berlin

(credit photo AFP/Archives) Le décathlonien allemand Arthur Abele (c) pose lors de la cérémonie des médailles avec le Russe Ilya Shkurenyov et le Bélarus Vitali Zhuk (d) à l’Euro, le 10 août 2018 à Berlin

Pour se préparer à briller de la sorte, Mayer a jonglé après Berlin entre repos et entraînement en toute autonomie, avant de retrouver fin août son coach Bertrand Valcin. “Je l’ai trouvé en grande forme”, assure ce dernier à l’AFP.

Le duo a notamment travaillé le point noir de l’été: le saut en longueur. “On assume les erreurs, on a su mettre des mots dessus. Tous les éléments que l’on peut maîtriser on les a retravaillés. Le premier jour en commun on a fait une séance de longueur, il avait dès le premier essai l’exigence de ne pas mordre”, détaille Valcin.

Pour la concurrence, Mayer se frottera au podium des championnats d’Europe: dans l’ordre l’Allemand Arthur Abele, le Russe Ilya Shkurenyov et le Bélarus Vitali Zhuk, en l’absence de son principal rival, le meilleur performeur de l’année canadien Damian Warner.

Sur l’heptathlon, les meilleures mondiales manquent à l’appel (la Belge Nafissatou Thiam, la Britannique Katarina Johnson-Thompson, la Néerlandaise Anouk Vetter), sauf l’Allemande Carolin Schäfer, qui fera notamment face aux Françaises Esther Turpin et Diane Marie-Hardy.

Publié le samedi 15 septembre 2018 à 9:40, modifications samedi 15 septembre 2018 à 9:40

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