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Après trois mois de cavale, une détention sous haute sécurité pour Redoine Faïd

Placé à l’isolement, menotté et surveillé dans le moindre de ses déplacements: après trois mois de cavale, c’est dans la prison ultra-sécurisée de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) que Redoine Faïd a été incarcéré jeudi.

Doté de quatre miradors et de murs d’enceinte de douze mètres de haut, ce centre pénitentiaire ouvert en 2015 a des allures de forteresse, qui ne souffre pas de surpopulation carcérale: moins de cents détenus pour 200 places.

Succession de sas, portes et grilles, le site comprend “trois prisons dans la prison”, totalement étanches les unes des autres, avait expliqué à l’AFP son directeur Vincent Vernet.

Des mesures draconiennes pour décourager toute velléité d’une nouvelle évasion du braqueur multirécidiviste, 46 ans, arrêté tôt mercredi dans l’Oise, trois mois après son évasion de la prison de Réau (Seine-et-Marne).

Une reproduction du site d'Interpol montrant la fiche de recherche du braqueur français Redoine Faïd, échappé de sa prison de Réau (Seine-et-Marne) le 1er juillet 2018

(credit photo INTERPOL/AFP/Archives) Une reproduction du site d’Interpol montrant la fiche de recherche du braqueur français Redoine Faïd, échappé de sa prison de Réau (Seine-et-Marne) le 1er juillet 2018

Le 1er juillet, Redoine Faïd s’était fait la belle en hélicoptère, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage le pilote. L’appareil s’était posé dans la cour d’honneur du centre pénitentiaire, dépourvue de filet de sécurité.

Le lendemain, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait reconnu, sous le feu des critiques, qu’il y avait “peut-être” eu une défaillance.

Il est “conscient de la situation qui est redevenue la sienne et reste combatif”, a assuré à l’AFP l’avocat du braqueur, Raphaël Chiche. “Une fois l’apaisement venu, il sera nécessaire de reposer le débat des longues peines et des mouroirs faisant fonction de prisons”, a ajouté l’avocat, qui avait déjà défendu Faïd notamment lors de son procès pour l’attaque d’un fourgon blindé dans le Pas-de-Calais en 2011.

Dans l’attente de ce procès, pour lequel il avait été condamné à 18 ans de prison, Faïd avait déjà fait connaissance avec les cellules de Vendin, en octobre 2017. Un an plus tard, le roi de l’évasion sera soumis à des “mesures particulières”, a expliqué à l’AFP Wilfrid Szala, secrétaire local FO. “Il sera menotté et accompagné de plusieurs personnels dans tous ses déplacements”.

“Au parloir, il y aura aussi un dispositif de séparation pour éviter tout contact physique avec son interlocuteur. Les collègues travaillant à l’isolement sont toujours les mêmes, ils ont l’expérience”, a-t-il détaillé, accueillant “favorablement” ce dispositif.

Toit grillagé

Fin de cavale pour Redoine Faïd

(credit photo AFP) Fin de cavale pour Redoine Faïd

“Une équipe spécifique va s’occuper de lui, il sera toujours seul, à tout moment, par exemple lors des promenades, dans une cour aux murs bétonnés et au toit grillagé. On sait de quoi il est capable, on sera vigilant. Il y aura aussi sûrement des transferts vers d’autres établissements de détenus de Vendin, pour éviter des connivences”, a ajouté auprès de l’AFP Grégory Strzempek, secrétaire local UFAP-UNSA.

“Le choix de Vendin-le-Vieil est le choix le mieux adapté à la situation de Redoine Faïd puisque (c’)est une prison extrêmement sécurisée qui dispose de places pour accueillir ce genre de détenus”, a estimé jeudi la ministre de la Justice Nicole Belloubet, lors d’un déplacement à Créteil.

Activement recherché depuis trois mois, Redoine Faïd a été arrêté mercredi peu après 04H00 à Creil, la ville où il a grandi, dans un appartement d’un quartier HLM.

Six autres personnes ont été interpellées, dont trois avec lui dans l’appartement: son frère Rachid Faïd, un de ses neveux et une jeune femme, sa logeuse présumée. Un autre neveu et deux autres complices ont également été interpellés dans l’Oise.

Son frère a été placé en détention provisoire à Fleury-Mérogis (Essonne) et ses deux neveux, Liazid F. et Ishaac H., à Bois d’Arcy (Yvelines) et Meaux (Seine-et-Marne), selon une source proche du dossier.

Les trois autres suspects étaient toujours en garde à vue jeudi matin et leurs auditions peuvent s’étendre jusqu’à 96H, la durée maximale en matière de criminalité organisée.

Publié le jeudi 4 octobre 2018 à 19:40, modifications jeudi 4 octobre 2018 à 19:40

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