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Alena: le Canada et les Etats-Unis ont trouvé un accord

Le Canada et les Etats-Unis sont parvenus à un accord sur la réforme du traité commercial Aléna qui lie ces deux pays et le Mexique depuis 1994, quelques heures avant la date-butoir fixée par Washington, ont rapporté dimanche soir plusieurs médias canadiens.

Un communiqué commun pourrait être publié dans la soirée, selon la chaîne CTV.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a convoqué un conseil des ministres d’urgence à 22h00 (2h00 GMT lundi). Cette réunion doit se tenir au bureau du dirigeant libéral, sur la colline parlementaire à Ottawa, ont indiqué à l’AFP trois sources gouvernementales.

En fin de journée, l’ambassadeur du Canada à Washington David MacNaughton avait déclaré que “beaucoup de progrès” ont été accomplis tout au long du week-end. “Mais nous n’y sommes pas encore”, a confié le diplomate en quittant les négociateurs canadiens à Ottawa pour repartir vers la capitale américaine, se disant “optimiste”.

Ce dernier marathon de négociations s’est déroulé par téléphone, contrairement aux précédentes sessions qui se sont toutes tenues à Washington.

Le quotidien The Globe and Mail, citant des sources de part et d’autre de la frontière, avait indiqué en fin de journée que les négociateurs canadiens et américains étaient tout près d’un accord.

À Washington, Peter Navarro, conseiller du président américain pour le Commerce, a affirmé que les deux parties négociaient “de bonne foi”, et que l’on connaîtrait le résultat des tractations au plus tard lundi matin.

Traité de libre-échange nord-américain

(credit photo AFP) Traité de libre-échange nord-américain

“Je peux vous dire ceci: vous aurez demain matin des nouvelles, dans un sens ou dans l’autre, qui seront importantes et peut-être de nature à faire bouger les marchés”, a-t-il dit dimanche sur Fox News, sans autre précision.

M. Navarro a rappelé que la date-butoir était fixée à dimanche soir minuit, afin de pouvoir transmettre au Congrès le texte de l’accord. Une entente entre Washington et Ottawa doit permettre au Canada de se joindre au nouvel Aléna déjà négocié entre les Etats-Unis et le Mexique.

Concessions sur le lait?

Evolution des échanges commerciaux entre les pays de l'ALENA (Canada, Mexique, Etats-Unis)

(credit photo AFP) Evolution des échanges commerciaux entre les pays de l’ALENA (Canada, Mexique, Etats-Unis)

L’Aléna, un accord trilatéral liant les États-Unis, le Mexique et le Canada depuis 1994, est une des bêtes noires du président Donald Trump, qui l’accuse d’avoir causé la perte de millions d’emplois américains, notamment dans le secteur automobile.

Le président américain a répété ses critiques contre l’Aléna samedi devant ses partisans en Virginie occidentale, soulignant que le nouvel accord conclu avec le Mexique était “un bon accord pour les deux pays”.

“Nous verrons ce qui se passera avec le Canada, s’ils se joignent [à l’accord] ils doivent se montrer équitables”, a lancé M. Trump, en réitérant ses vives attaques contre les taxes protégeant le secteur laitier canadien.

Selon des sources citées par les médias, Ottawa serait prêt à des concessions sur son secteur laitier si Washington acceptait l’exigence canadienne d’un maintien du mécanisme de règlement des conflits de l’Aléna (chapitre 19).

Le point le plus difficile dans les discussions du week end a été, selon le Globe, la demande canadienne que Washington lève les droits de douane imposés sur l’acier et l’aluminium et accepte de ne pas en imposer sur l’importante industrie automobile canadienne, une menace régulièrement brandie par le président américain.

Selon une source gouvernementale canadienne, Washigton n’a toutefois pas menacé Ottawa d’imposer dès lundi des droits de douane sur les automobiles produites au Canada, si un accord n’était pas conclu dimanche soir.

Élections au Québec

Plusieurs dates-butoir sont déjà passées sans conclusion. Le Premier ministre Justin Trudeau, tout comme Mme Freeland, a répété régulièrement que pour le Canada, pas d’accord valait mieux qu’un mauvais accord.

Le calendrier électoral complique les choses pour les négociateurs canadiens. Des concessions sur le secteur laitier seraient très mal accueillies au Québec, qui est appelé aux urnes lundi pour désigner le prochain gouvernement de la province francophone.

Les principaux partis québécois et les organisations d’agriculteurs défendent fermement le système de “gestion de l’offre”, qui contrôle la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens.

Publié le lundi 1 octobre 2018 à 5:10, modifications lundi 1 octobre 2018 à 5:10

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