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Agnès Saal : Une fin de course à 4 500 €

Poussée à la démission pour détournements de fonds publics, Agnès Saal, l’ancienne présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a été condamnée à une amende de 4 500€.

Celle qui était devenue le symbole des abus des élites de l’Etat a été condamnée ce lundi 11 avril à payer 150 jours d’amendes à 30€, soit 4 500€ pour ses notes de taxis démesurées alors qu’elle était présidente de l’INA : entre mai 2014 et avril 2015, la haute-fonctionnaire a dépensé 40 000€ de factures de taxis de la compagnie G7, dont 6 700 courses dépensées par son fils, ses deux filles et sa tante Lucette.

Ces sommes ont été, depuis, remboursées par Agnès Saal a précisé son avocat.

Jugée pour « détournement de fonds public par personne chargée d’une mission de service public », Agnès Saal avait choisi la procédure de « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité » (c’est-à-dire plaider coupable). Après un court délibéré, le magistrat a approuvé la peine proposée par le parquet de Créteil, et acceptée par l’ex présidente de l’INA, soit 4 500€ d’amende (en cas de non paiement de la sanction, les jours amende se transformeront en jours de détention).

Agnès Saal a également été condamnée à verser 5 500€ à l’association de lutte contre la corruption Anticor (qui s’était constituée partie civile, au titre des dommages et intérêts ainsi que des frais de justice).

Son avocat a qualifié la peine de :

 Juste et ponctuant la fin d’un long calvaire pour sa cliente (…) une haut fonctionnaire sans tâche, à la réputation de work addict.

La principale concernée à quant à elle déclaré :

L’épreuve est longue, l’épreuve est dure, l’épreuve est violente, elle est peut-être disproportionnée. J’ai commis une faute, je l’ai reconnue, je l’ai assumée, je la paye très cher. J’aspire vraiment aujourd’hui, à ce qu’on m’autorise à tourner la page, à clore ce chapitre. Je sers l’Etat depuis plus de 30 ans. Je crois l’avoir très bien servi et je voudrais continuer à le faire aussi bien, mieux peut-être encore que je ne l’ai fait toutes ces années.

Rappelons que cette affaire avait été révélée, en avril 2015, par un « corbeau » qui avait dénoncé au Conseil d’Administration de l’INA les dépenses de la dirigeante. 48 heures plus tard, Agnès Saal démissionnait sur demande de la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin.

Début janvier, François Hollande, conditionné par la tempête médiatique qu’avait déclenchée l’affaire, l’avait exclue par décret pour deux ans de la fonction publique, dont six mois ferme.

Le feuilleton juridique va, néanmoins, se poursuivre cette semaine, car Agnès Saal doit à nouveau comparaître vendredi à Paris. Cette fois pour avoir fait usage de taxis pour des motifs « non exclusivement professionnels » alors qu’elle était directrice générale du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou à Paris.

Publié le mardi 12 avril 2016 à 8:58, modifications mardi 12 avril 2016 à 9:04

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