Affaire Théo : un policier dénonce les dérives de ses collègues d’Aulnay-sous-Bois

Un fonctionnaire du commissariat d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, se confie sur ses quatre collègues qui ont agressé le jeune Théo en février dernier.

Le policier de la Seine-Saint-Denis est sans appel face à l’agression de Théo. Dans un entretien donné à Mediapart, le policier, qui se prénomme Serge, témoigne :

J’ai honte de travailler à Aulnay.

Aussi, le fonctionnaire déclare que tous ses collègues sont “écœurés, dégoûtés par ce qui s’est passé”. Selon lui, “(ses) collègues avaient le droit d’interpeller Théo, ils avaient un motif légitime. Mais pas le reste…”

Toujours concernant ses collègues qui ont perpétré l’agression, Serge explique :

J’ai vu et entendu des officiers de police judiciaire passer leur temps à leur dire d’y aller moins fort. C’étaient vraiment des habitués. Dès qu’ils sortaient du commissariat et qu’il n’y avait plus d’autorité derrière eux, ils s’imaginaient être les maîtres dans la rue. Ils faisaient ce qu’ils voulaient, quoi !

Puis il ajoute à leur encontre :

Ils aiment se battre, casser des gens. C’étaient toujours les premiers à se ruer dans les cellules lorsqu’un gardé à vue pétait un plomb ou se rebellait. L’un d’eux, un brigadier, était particulièrement violent. Je l’ai vu avoir des gestes déplacés au poste, menacer des hommes menottés au banc : ‘Toi, on va t’éclater !’ Et, à chaque fois que des jeunes se plaignaient, c’était cette équipe-là.

“Il faut qu’ils prennent 20 ans”

Selon le policier, les auteurs de l’agression méritent d’être sanctionnés :

Si le viol est avéré, il faut qu’ils prennent 20 ans ferme ! Que les jeunes n’aient pas l’impression que les policiers bénéficient de passe-droit. Qu’on puisse repartir dans la rue faire notre métier sereinement.

Théo a été entendu à Bobigny par le juge d’instruction chargé de l’enquête. Le jeune homme a été hospitalisé pendant deux semaines et s’est vu prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT).

Modifié : 30 janvier 2018 17 h 52 min

Ce site utilise des cookies.