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Affaire Théo : Comment un contrôle d’identité a dégénéré

L’interpellation musclée jeudi dernier de Théo, 22 ans, à Aulnay-sous-Bois a embrasé la cité des 3000. Et a notamment suscité de vives réactions. Un policier a été mis en examen pour viol et trois autres pour violences volontaires en réunion après l’interpellation au cours de laquelle le jeune homme a été gravement blessé à coups de matraque au niveau de la zone rectale. Le Parisien a eu accès au rapport des quatre policiers présents ce jour là. Des déclarations qui se contredisent.

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Théo, 22 ans, a été gravement blessé à coups de matraque jeudi 2 février 2017, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Son témoignage édifiant a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. Classes politiques et people n’ont pas tardé à réagir. Et les avis sont mitigés.

Affaire Théo : geste accidentel selon l’IGPN

Jeudi 2 février 2017, un contrôle d’identité dégénère. Quatre policiers patrouillaient à Aulnay-sous-Bois lorsqu’ils décident de procéder à un contrôle d’identité. Selon LCI, Policiers et jeunes hommes se font face. Théo est l’un d’entre eux, raconte Le Parisien. Une situation qui va vite déraper.

D’après le rapport d’intervention des policiers, Théo aurait refusé le contrôle d’identité. Mais il aurait également provoqué le gardien de la paix. Le policier l’aurait alors repoussé. Le geste de trop qui serait à l’origine des hostilités. Une opération qui aurait donc mal tournée selon l’IGPN qui privilégie la thèse de l’accident. Et selon le rapport des policiers, Théo aurait fait preuve de résistance :

Tu fais pas ça ! J’m’en bats les couilles de ton contrôle.

Mais la situation serait toute autre selon Théo :

Pourquoi vous faites ça ? Ça va envenimer les choses pour rien. Ça vaut pas le coup !

Dans son rapport, le policier parle de

coups de matraque télescopique en visant ses membres inférieurs dans l’espoir de lui faire perdre l’équilibre et de l’amener au sol.

Mais la scène, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale et des témoins, montre notamment un policier porter un coup de matraque horizontal au niveau du rectum. La justice devra trancher en se basant sur les vidéos. Par ailleurs, les témoignages sont contradictoires. En effet, si un policier indique que Théo a continué à les insulter, ce dernier prétend avoir été victime d’insultes racistes :

Espèce de bamboula.

Les téléphones des policiers seraient également en cours d’analyses. Et pour cause, une photo humiliante capturée via Snapchat aurait été prise selon Théo. Selon le Huffington Post, l’IGPN aurait déclaré

C’est très grave, mais ce n’est pas un viol.

Le parquet de Bobigny avait ainsi estimé que les éléments constitutifs de la qualification de viol étaient insuffisamment établis. L’IGPN reconnaît toutefois un accident grave et réel, selon LCI.

Les policiers n’ont pas tardé à réagir. Ils ont l’impression d’être lâchés par les politiques. La visite de François Hollande à Théo à l’hôpital a été mal perçue. Et les policiers craignent notamment d’être stigmatisés.

Publié le jeudi 9 février 2017 à 14:02, modifications mardi 30 janvier 2018 à 17:53

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