Actualité

Affaire Tariq Ramadan : une de ses victimes présumées raconte les violences qu’elle a subies

Une jeune femme, atteinte d’un handicap à la jambe, a détaillé les violences que lui auraient fait subir Tariq Ramadan dans un hôtel en France, en 2009.

STORY - Episode 6/29

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Dans un témoignage à BFMTV et Marianne, la deuxième femme qui a porté plainte contre Tariq Ramadan a relaté les violences dont elle a été victime en 2009.

Des faits de 2009

Ainsi, la seconde femme qui accuse le théologien suisse de viol s’est confiée mercredi 22 novembre. Avant cela, ce récit avait été adressé au parquet de Paris, le 27 octobre dernier.

En 2009, à l’époque des faits, la femme était alors âgée de 34 ans. Convertie à l’islam et souffrant d’un handicap aux jambes, elle a d’abord communiqué avec Tariq Ramadan via les réseaux sociaux. Dans un premier temps, il s’agissait « d’échanges cordiaux, polis, professionnels et religieux ». Pourtant, très vite le comportement de l’universitaire suisse a changé. En effet, lors de leur première rencontre dans un hôtel de Lyon, Tariq Ramadan a réussi à la convaincre de monter dans sa chambre. Sous le prétexte de boire un thé et de discuter plus au calme.

Docteur Jekyll et Mister Hyde

Il était dans mon dos et quand je me retourne, ce n’est plus la même personne que j’ai en face de moi.

A-t-elle raconté en précisant :

J’avais l’impression d’avoir docteur Jekyll et M. Hyde. Un regard de fou, terrifiant. La mâchoire serrée.

La femme a ensuite relaté les nombreuses violences qu’elle a subies pendant « des heures ».

Il me donne un coup dans la béquille, il me fait tomber. Et il me récupère par les cheveux et j’ai eu la peur de ma vie. Et là, c’est l’enfer, c’est les coups, c’est des violences sexuelles. Des mots ignobles, d’une vulgarité sans nom.

Elle a également témoigné :

Je hurlais au secours, je hurlais ‘non’. Et plus je hurlais, plus il cognait.

Après cela, Tariq Ramadan a traîné la jeune femme dans la salle de bain par les cheveux pour lui uriner dessus.

J’ai même perdu connaissance pendant un moment. C’est la douleur qui m’a réveillée. Il introduisait brutalement quelque chose de gros dans mon vagin.

Au bout d’un long moment, l’islamologue lui a dit “Je t’enferme !”

Finalement, sortant donner sa conférence, la plaignante est parvenue à s’enfuir.

Je ne sais même pas comment je suis rentrée. Je sais juste que j’ai marché jusqu’à un arrêt de bus malgré la douleur. J’étais en terreur.

À l’appui de son récit, plusieurs certificats médicaux font état d’hématomes et de lésions aux parties intimes.

Harcelée pendant trois ans

Néanmoins, selon la plaignante, les violences ne se sont pas arrêtées à cette journée. En effet, très rapidement, la violence physique aurait fait place à la violence psychologique. Ainsi, pendant trois ans, Tariq Ramadan l’aurait harcelée.

Il me disait que c’était de ma faute, que je ne comprenais rien. Que j’étais qu’une enfant.

A-t-elle témoigné dans le journal Marianne.

Il m’a fallu beaucoup d’années pour me reconstruire. Ce n’est pas encore fini. J’ai besoin de la justice.

S’est-elle confiée.

C’est chose faite, puisqu’en octobre dernier, elle a décidé de porter plainte. Un dossier qui est venu s’ajouter à celle déposée le 20 octobre par une ancienne salafiste devenue depuis militante féministe et laïque. Ainsi, en France, Tariq Ramadan est visé par une enquête pour « viol, agressions sexuelles, violences et menaces de mort ».

Publié le jeudi 23 novembre 2017 à 10:46, modifications lundi 19 février 2018 à 17:54

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

4 Commentaires