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Affaire Tariq Ramadan : Après des menaces contre Charlie Hebdo, le Parquet de Paris ouvre une enquête

Après leur Une sur l’affaire Tariq Ramadan, la rédaction de Charlie Hebdo subit une campagne d’insultes mais également des menaces de mort.

STORY - Episode 3/29

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Le parquet de Paris a ouvert lundi 6 novembre une enquête après les menaces de mort diffusées sur les réseaux sociaux et visant Charlie Hebdo. L’enquête, confiée à la BRDP (brigade de répression de la délinquance contre la personne) de la police judiciaire, a été ouverte pour « menaces de mort matérialisées par un écrit ». Ainsi que pour « apologie publique d’un acte de terrorisme ». À l’origine de ces menaces, un dessin représentant l’islamologue Tariq Ramadan, qui est visé par deux plaintes pour viol.

Douloureux souvenirs de janvier 2015

Par ailleurs, l’hebdomadaire satirique, qui avait perdu une partie de sa rédaction lors des attentats de janvier 2015, a déposé plainte lundi après-midi. Ainsi, dans sa dernière édition, parue mercredi 1er novembre, Charlie Hebdo représentait le théologien le pantalon déformé par un énorme sexe en érection. Il y proclame :

Je suis le 6e pilier de l’islam”

Juste au dessus du dessin on peut lire “VIOL La défense de Tariq Ramadan“.

En effet, l’islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan, 55 ans, est actuellement visé par deux plaintes pour viol en France. Or, lundi 7 novembre, il a contesté ces accusations d’abus sexuels sur des mineures, publiées par un média suisse. Il a également annoncé qu’il allait porter plainte pour diffamation.

Tariq Ramadan se présente lui-même comme un islamologue

Ce n’est pourtant pas la première fois que Charlie Hebdo subit ce type de campagne d’intimidation. Des menaces qui n’étaient pas forcément prises au sérieux avant le 7 janvier 2015.

Néanmoins, depuis les attentats sanglants de janvier 2015 contre l’hebdomadaire, un supermarché casher et une policière municipale, les messages de haine et les menaces adressées à l’hebdomadaire n’ont « jamais vraiment cessé », a relevé Riss.

C’est toujours difficile de savoir si ce sont des menaces sérieuses ou pas. Mais par principe, on les prend au sérieux. Et on dépose plainte.

En effet, invité de La Matinale d’Europe 1, lundi 6 novembre, et interrogé sur l’angle choisi pour ce dessin, le directeur de la publication, Riss, a fait valoir que Tariq Ramadan se présentait lui-même comme « un islamologue, comme un sachant ». En outre, interrogé par Patrick Cohen, il a ajouté :

C’est pourquoi le dessin fait référence au 6e pilier de l’islam le djihad.

Les cinq piliers de l’islam forment le fondement du mode de vie islamique. Ainsi, on retrouve la profession de foi, la prière, la zakat (l’aumône), le jeûne du mois de Ramadan et le pèlerinage à la Mecque censé être accompli au moins une fois dans sa vie pour ceux qui en ont les moyens. Par ailleurs, le djihad est considéré comme le sixième pilier de l’islam par une minorité au sein du sunnisme bien qu’il n’en ait pas le statut officiel.

Au-delà du sérieux de ces menaces de mort, c’est une question de climat.

A souligné le dessinateur Riss.

Il a notamment jugé

Ce n’est pas simplement de la contestation ou de la discussion, ce n’est même pas de l’injure, c’est au-delà de ça. C’est que maintenant. Ca s’est banalisé d’appeler au meurtre.

Et de conclure :

C’est assez inquiétant et révèle un climat assez lourd.

Publié le mardi 7 novembre 2017 à 11:36, modifications lundi 19 février 2018 à 17:53

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