Actualité

Affaire du petit Grégory : Murielle Bolle, témoin clé dans l’enquête, a été interpellée

Murielle Bolle avait dévoilé des éléments importants aux enquêteurs à l’époque du meurtre du petit Grégory Villemin en 1984. Elle avait notamment affirmé avoir vu son beau-frère, Bernard Laroche, emmener le petit Grégory dans sa voiture. Murielle était finalement revenue sur son témoignage et avait décidé de se rétracter.

STORY - Episode 5/22

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Après la récente libération des époux Jacob, l’enquête sur le meurtre du petit Grégory vient donc de connaître un nouveau rebondissement en ce mercredi 28 juin. Selon des informations du Figaro, Murielle Bolle a été arrêtée ce mercredi matin à son domicile de Granges-sur-Vologne, dans les Vosges. Les gendarmes sont arrivés chez elle aux alentours de 11 heures. Ils étaient à bord de sept véhicules de gendarmerie. Murielle Bolle a donc été placée en garde à vue. Elle va ainsi être interrogée une nouvelle fois par les enquêteurs après ses révélations fracassantes de 1984.

Murielle Bolle : le témoin clé de l’affaire du petit Grégory Villemin

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, 4 ans, est retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. La dépouille de l’enfant est retrouvée à quelques kilomètres du domicile de ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin. À l’époque des faits, Murielle Bolle était adolescente. Elle n’avait que 15 ans. Elle est aujourd’hui âgée de 48 ans. Murielle Bolle a raconté aux gendarmes qu’elle était repartie du collège en autocar, le jour du drame. Elle a fini par craquer lors de son audition en 1984. Elle a alors avoué qu’elle était rentrée en réalité en voiture avec Bernard Laroche.

Le récit de Murielle Bolle qui accable Bernard Laroche dans le cadre de l’enquête en 1984

Dans le cadre des auditions lors de l’enquête en 1984, Murielle Bolle a ainsi affirmé avoir vu son beau-frère, Bernard Laroche (le cousin germain de Jean-Marie Villemin), emmener l’enfant dans sa voiture.

Bernard est descendu de voiture tenant l’enfant à la main. Il s’est éloigné. Il est revenu seul.

Cette révélation fracassante a rapidement fait basculer l’enquête. Bernard Laroche est rapidement interpellé. Les parents du petit Grégory pensaient ainsi détenir la vérité sur l’identité de l’assassin de leur enfant.

Coup de théâtre dans l’affaire du petit Grégory : les rétractations de Murielle Bolle en 1984

Selon des précisions du Figaro, trois jours après ses déclarations, Murielle se rétracte. A l’époque, elle a accompagné son nouveau témoignage d’accusations graves sur les enquêteurs. Elle a notamment affirmé avoir menti parce que les gendarmes l’auraient menacée de la placer en maison de correction si elle ne témoignait pas contre Bernard Laroche. Murielle Bolle s’était exprimée à l’époque devant les médias au moment de ce revirement spectaculaire dans ses déclarations.

Bernard est innocent. Le jour de la mort de Grégory, à 17h15, j’ai vu mon beau-frère avec son fils assis sur ses genoux, qui regardait la télévision chez ma tante, à Aumontzey.

Bernard Laroche : présumé coupable et exposé au désir de vengeance de Jean-Marie Villemin

Bernard Laroche a été remis en liberté en 1985. La rétractation de Murielle Bolle, des vices de procédure et la remise en question de nombreux éléments de l’enquête ont donc contribué à la remise en liberté de l’assassin présumé du petit Grégory Villemin, Bernard Laroche. Le père du petit Grégory s’est fait justice lui-même en abattant Bernard Laroche avec un fusil le 29 mars 1985. Bernard Laroche avait pourtant été innocenté par le juge Jean-Michel Lambert comme l’a rappelé 20 Minutes. Laroche a été abattu devant sa maison et en présence de sa femme par Jean-Marie Villemin, deux mois seulement après sa sortie de prison.

L’affaire du petit Grégory relancée en 2017 : les époux Jacob placés en garde à vue

L’enquête a connu de très nombreux rebondissements depuis trois décennies, dont les accusations à l’encontre de la propre mère du petit Grégory dans les années 1980. Cette affaire qui représente l’une des plus grandes énigmes judiciaires françaises a été relancée il y a quelques semaines avec la mise en examen des époux Jacob. Les accusations à leur encontre étaient très lourdes. Ils ont été mis en examen pour l’enlèvement et la séquestration du petit Grégory, ayant entraîné la mort. Marcel et Jacqueline Jacob sont le grand-oncle et la grand-tante de Grégory Villemin. Après avoir été placés en détention provisoire, ils ont finalement été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Ils vivent actuellement dans deux zones géographiques séparées.

Murielle Bolle va-t-elle livrer la clé du mystère de l’affaire du petit Grégory dans le cadre de ses nouvelles auditions ?

L’arrestation et la garde à vue de Murielle Bolle pourrait éventuellement permettre aux enquêteurs de dissiper certaines zones d’ombre. Les gendarmes vont pouvoir comparer certaines déclarations récentes des époux Jacob aux nouvelles révélations de Murielle à l’occasion de son audition cette semaine. Selon Le Figaro, l’ADN de Murielle Bolle a été prélevé le 14 juin dernier pour de nouvelles vérifications.

Ce personnage clé de l’affaire du petit Grégory pourrait donc faire avancer les enquêteurs et apporter des réponses aux parents Villemin. Les circonstances de la mort de l’enfant et les secrets du climat familial pourraient enfin être dévoilés, permettant ainsi à l’enquête de trouver une issue judiciaire.

Le revirement spectaculaire de Murielle Bolle en 1984 pourrait être lié à des pressions exercées par des proches à son encontre. Trente-deux ans après le meurtre, les gendarmes disposent d’un temps assez long d’une vingtaine d’heures sur les 48 heures de garde à vue qu’elle a entamée en 1984. Les enquêteurs vont confronter leur thèse et leurs interrogations aux nouvelles déclarations de Murielle Bolle.

Maître Jean- Paul Teissonière, l’avocat de Murielle Bolle, s’est confié il y a une semaine à la rédaction de 20 Minutes.

Elle est tout de même relativement sereine. En 1984, elle avait 15 ans et elle était seule. Elle a dit n’importe quoi parce que les gendarmes l’ont poussé à bout. Cette fois-ci, je serai à ses côtés.

Une source proche du dossier s’est confiée à la rédaction de 20 Minutes suite à l’arrestation de Murielle Bolle et sur sa nouvelle audition. L’enquête pourrait franchir une nouvelle étape importante.

Peut-être qu’elle restera sur sa version initiale mais nous avons tout de même de nouveaux éléments sur lesquels il va bien falloir qu’elle s’explique.

Publié le mercredi 28 juin 2017 à 17:33, modifications jeudi 20 juillet 2017 à 14:46

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !