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A Verdun, Macron jongle entre mémoire et grogne sur les carburants

L’Histoire et l’actualité se télescopent mardi pour Emmanuel Macron, attendu dans trois hauts lieux de la Grande Guerre, dont Verdun, après s’être expliqué le matin sur Europe 1 sur les dossiers chauds comme la hausse des prix des carburants.

La troisième étape de l'”itinérance mémorielle” entamée dimanche s’annonce particulièrement chargée. Après avoir passé la nuit dans un château où le compositeur Maurice Ravel fut ambulancier durant la guerre, le chef de l’Etat doit se rendre aux Eparges (Meuse), théâtre de combats dantesques en 1915.

Ce sera surtout l’occasion pour Emmanuel Macron de saluer la mémoire de Maurice Genevoix, l’un de ses écrivains préférés, qui y a été blessé et en a fait le récit saisissant dans son recueil “Ceux de 14”.

“C’est un choix du coeur”, a expliqué le président dans un entretien aux quotidiens de l’est du groupe Ebra. Il devrait annoncer son “projet mémoriel pour Genevoix”, qui pourrait faire son entrée au Panthéon, au milieu des grandes figures de la Nation.

L'écrivain Maurice Genevoix en 1971 à Paris

(credit photo AFP/Archives) L’écrivain Maurice Genevoix en 1971 à Paris

Une telle démarche est souhaitée par la famille de l’auteur de Raboliot, décédé en 1980. “Il ne s’agit pas de glorifier la personne de Maurice Genevoix, mais bien le témoin. C’est dire que par ses écrits on n’oubliera jamais ce qu’il s’est passé”, a estimé son petit-fils Julien Larere-Genevoix sur France Bleu.

L’Armée noire célébrée

Emmanuel Macron se rendra ensuite à Verdun, à quelques kilomètres, où il mettra ses pas dans ceux de ses prédécesseurs pour honorer les héros de la plus longue et la plus célèbre des batailles de la guerre. Il visitera avec 20 lycéens l’émouvant ossuaire où reposent les restes de 130.000 soldats français et allemands.

Au total, 300.000 combattants ont été tués entre février et décembre 1916, dans l’enfer de Verdun, fait de boue, de froid et de bombardements dans les tranchées, comme celle, légendaire, des Baïonnettes.

Cette journée forte en symboles se terminera à Reims avec un hommage aux héros de “l’Armée noire”, ces troupes coloniales composées principalement de tirailleurs sénégalais. Ils sont 200.000 à être montés au front et 30.000 sont morts durant la Première guerre mondiale.

Emmanuel Macron sera accompagné du président malien Ibrahim Boubakar Keita, le premier des chefs d’Etat à participer aux célébrations avant la Britannique Theresa May, l’Allemande Angela Merkel et l’Américain Donald Trump, présent à Paris les 10 et 11 novembre avec une soixantaine d’autres dirigeants internationaux.

Le chef de l’Etat a dénoncé lundi la “fausse polémique” lancée par une partie de l’opposition pour laquelle les cérémonies ont été “vidées de leur essence militaire” et ne célébrent pas suffisamment la victoire afin de ménager l’Allemagne.

“Part de responsabilité”

Comme la veille à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), le chef de l’Etat rencontrera les élus de la Meuse au cours d’un déjeuner républicain, l’occasion d’écouter leurs doléances alors que l’exécutif mène une vaste offensive pour améliorer ses relations avec les collectivités après des mois de froid.

Le président Emmanuel Macron à Pont-à-Mousson le 5 novembre 2018

(credit photo POOL/AFP) Le président Emmanuel Macron à Pont-à-Mousson le 5 novembre 2018

Enregistré lundi soir à Verdun, un entretien à Europe 1, le premier à une radio depuis le début du quinquennat, sera diffusé à 7H40.

Il devrait être interrogé sur le mouvement de protestation qui monte sur le pouvoir d’achat et la hausse récente du prix des carburants.

Emmanuel Macron avait indiqué dimanche assumer “parfaitement” l’augmentation de la taxation sur le diesel, tout en disant comprendre les doutes des Français sur la question du pouvoir d’achat.

Face aux marques de défiance exprimées via les sondages, Emmanuel Macron a également assumé une “part de responsabilité”. “Je parle aux Français avec mon caractère, avec ma façon de faire. Quand ils sont inquiets, j’ai une part de responsabilité : c’est que je n’explique pas assez bien. Mais j’ai été élu sur un projet clair, sans ambiguïté et j’aurai des comptes à rendre pour longtemps”, a-t-il expliqué aux journaux régionaux du groupe Ebra.

Publié le mardi 6 novembre 2018 à 8:10, modifications mardi 6 novembre 2018 à 8:10

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