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Réforme du code du travail : Les routiers entament leur grève

Les routiers promettent un mouvement inflexible et très suivi. Ils entendent protester contre les ordonnances signées vendredi par Emmanuel Macron.

Opération escargot, raffineries et dépôts pétroliers bloqués… Les routiers ont débuté ce lundi 25 septembre un mouvement de grève reconductible contre la réforme du travail. De fait, de nombreuses actions sont attendues en régions, selon des responsables CGT et FO.

En effet, depuis mercredi et l’échec des discussions avec le gouvernement, les syndicats CGT et Force ouvrière du transport routier ont mobilisé leurs troupes pour définir les modalités de la grève. Les organisateurs ont promis de multiplier les blocages et les rassemblements stratégiques, notamment autour des bases logistiques et dépôts de carburants.

Quelles sont les revendications des routiers ?

Dans leur collimateur, il y a d’abord les ordonnances sur la réforme du travail adoptées vendredi par le Conseil des ministres. Dans un secteur où 80% des entreprises ont moins de 20 salariés, avec une présence syndicale en pointillés, la CGT et FO craignent que les employeurs s’emparent des nouvelles possibilités offertes par la réforme du code du travail pour limiter les garanties des salariés. Ainsi, les deux syndicats évoquent des primes qui pourraient être renégociées à la baisse. Mais également un licenciement facilité par le plafonnement des dommages intérêts aux prud’hommes.

Un autre sujet d’inquiétude concerne le travail détaché. En effet, les syndicats redoutent que le transport routier fasse les frais des discussions en cours entre la France et les pays d’Europe centrale. Les pays européens cherchent en effet à trouver un accord sur le travail détaché.

Pour rappel, ces types de contrat concernent les « missions temporaires », de deux ans maximum pour un ressortissant de l’Union européenne. Celui-ci étant envoyé par son entreprise dans un autre des États membres. Ainsi, en vertu de la directive de 1996, le travailleur est soumis à la réglementation du pays d’accueil en termes de droits sociaux et de conditions de travail (salaire minimum, temps de travail maximum, congés payés, etc.). Néanmoins, il continue de payer les cotisations sociales dans son pays d’origine. Or, ces principes liés au détachement font régulièrement l’objet de détournements. En effet, le travail détaché est régulièrement accusé d’être un terrain favorable à l’augmentation du dumping social. Il mettrait en concurrence les travailleurs européens avec une main-d’œuvre à très bas coût.

Le point sur la mobilisation à la mi-journée

Une cinquantaine de blocages et opérations escargot commençent à se mettre en place partout en France. De plus, une quarantaine de stations-service, sur plus de 3.000 répertoriées, seraient actuellement en « rupture totale » de carburant, selon le site mon-essence.fr.

Le mouvement reconductible, qui a commencé à l’aube, devrait s’intensifier au fil de la journée de lundi. Ainsi, dans le Nord, les dépôts pétroliers de Dunkerque ont été bloqués dès 5h, selon FO Transports. En outre, l’intersyndicale FO-CGT, à l’origine de la mobilisation, a annoncé qu’elle allait organiser des assemblées générales dans la journée sur les zones bloquées. L’ordre du jour sera de voter (ou non) la reconduction de la grève.

Le gouvernement mobilisé

Par ailleurs, le gouvernement a tenté de calmer la colère des routiers. À commencer par la ministre du travail. En effet, Muriel Pénicaud, qui a déclaré dimanche 24 septembre au micro d’Europe 1 que le gouvernement devait tenir compte « des spécificités » du secteur.

Avant cela, vendredi 22 septembre, Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, avait adressé un courrier aux partenaires sociaux. Elle les invitait au dialogue en assurant que la réforme du Code de travail n’avait pas à inquiéter les routiers.

Le gouvernement est très mobilisé pour éviter le dumping social. Notamment sur la question des travailleurs détachés.

De plus, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a reconnu le 24 septembre qu’il n’avait pas été consulté par la fédération FO des transports. Il a regretté que s’il l’avait été, il aurait recommandé de « réfléchir à deux fois avant de lancer quelque chose ».

Enfin, par mesure de prudence, un arrêté permettant aux transporteurs d’hydrocarbures de déroger de manière temporaire aux règles en matière de durée de conduite. Le texte a été publié samedi 23 septembre au Journal officiel. Cela devrait permettre d’éviter des pénuries de carburant.

Publié le lundi 25 septembre 2017 à 13:44, modifications lundi 25 septembre 2017 à 13:34

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